In a time of ancient gods… XENA WARRIOR PRINCESS
“In a time of ancient gods, warlords and kings, a land in turmoil cried out for a hero. She was Xena, a mighty princess forged in the heat of battle. The power. The passion. The danger. Her courage will change the world.”
Ces derniers mois, je me suis plongé dans la redécouverte de cette série qui avait ponctué régulièrement mes samedis après-midi durant ma tendre jeunesse. Puisque je juge inutile de présenter la légendaire guerrière, passons directement dans le vif du sujet.
Alors déjà, replonger dans la série des années 90, au début, ça fait très peur. C’est en format ¾, les effets spéciaux ont bien vieilli, et le scénar est digne d’un film de Sam Worthington (ceci n’est pas un plaidoyer pour convertir ce dernier au petit écran).

Bref, une fois réformée par Hercules, Xena s’en va mener ses propres aventures saphiques avec Gabrielle, qu’elle récupère dans son pilote. Je ne le cache pas, Gabby, elle est très pénible au cours de cette première saison. Elle a non seulement le rôle de sidekick, mais aussi de comique de service pour alléger un peu la tension pour ne pas effrayer les téléspectateurs.

La fin de la saison introduit les deux personnages récurrents important pour la suite de la série : Joxer et Callisto. Joxer reprendra la flamme du comique de service, et ne la lâchera pas jusqu’à la fin. Callisto, elle, servira d’antagoniste principale pour Xena. Dans leurs rôles respectifs, Ted Raimi et Hudson Leick sont phénoménaux. Leick, en particulier, m’a bien impressionné par l’animalité qu’elle dégage avec Callisto, dans quelque incarnation que ce soit…

Arrive la saison trois, et là, TOUT PART A VAUT L’EAU. Gabrielle, jusqu’ici pure et innocente, tue pour la première fois, et enfante la progéniture de Satan qui est destinée à amener la fin du monde. Et là, tu regrettes de l’avoir trouvée trop conne dans les saisons précédentes. La situation ne s’arrange pas lorsque Hope, la fifille, tue le fils caché de Xena. Au contraire, les deux commères en viennent aux mains et il faudra un épisode musical digne de la zarbitude de Farscape pour les rabibocher. Oh, et dans tout ça, Xena et Gabby vont aussi passer des vacances en Chine. Mais finalement, il faudra que Gabrielle se sacrifie pour mettre fin à la menace d’Hope et de Dahak.
Saison Quatre, Gabby est mourute, et Xena erre. Elle arrive enfin dans des steppes familières, domaine de son ancienne tutrice spirituelle, la shamanesse Alti. Et là, il faut que je parle d’un aspect de la série que je trouve fascinant : le passé de Xena. La Princesse Guerrière fut autrefois une paysanne lambda, cherchant à défendre son village. Après quelques temps, elle parvint à capturer Sassy Gay César, aka Karl Urban pré-Eomer, mais ce dernier prit sa revanche en l’estropiant et la laissant pour morte.

Après avoir récupéré, elle devient la seconde et l’amante du seigneur guerrier Borias. Ensemble, ils ravagèrent et pillèrent des terres jusqu’en Chine, où Xena fit la première rencontre importante de sa destinée : l’impératrice Lao Ma. Cette dernière, versée dans les arts mystiques, tenta de lui inculquer les valeurs de l’amour et de la compassion dans un clip digne de Mylène Farmer, mais sans effet. Quelques temps plus tard, Xena, alors enceinte de Borias, rencontra la shamanesse maléfique Alti, et sous son tutelage, devint la Destructrice des Nations. Le dieu Arès finit par la remarquer, tombe inévitablement amoureux, et lui donne son arme légendaire, le Chakram.

Bref, Alti montre à Xena une vision de sa mort, aux côtés de Gabrielle, crucifiée par des romains… Wait, Gabby est vivante, donc ! Après leurs retrouvailles, les commères continuent leurs aventures, à la recherche d’une réponse à leurs questions existentielles. Leur chemin les mène en Inde, où il est révélé qu’elles sont âmes sœurs (SHIP ALERT), destinées à se retrouver vie après vie dans le cycle des réincarnations. Elles rencontrent aussi le futur prophète Elie, qui inspire Gabby à adopter la non-violence et un nouveau look sari et cheveux courts.

Un fois rentrées en Grèce, Sassy Gay César fait des siennes en se battant contre Sassy Gay Pompée. Xena décide de mettre fin aux deux coqs, mais se fait capturer lorsque Callisto, revenue une fois de plus d’entre les morts, brise son chakram dans son dos et la paralyse. La vision se réalise alors. Xena et Gabby sont crucifiées par les romains, mais Sassy Gay César se prend un poignard dans le dos signé Braca.

Saison cinq. Xena et Gabby sont mortes. Leurs âmes s’élèvent au paradis, visitent l’enfer, et là, je crois que c’est l’un des plus beaux trucs qui se soient passés jusqu’ici. Après avoir échoué à tuer Xena, Callisto, dévorée par la haine, la fureur et la douleur, n’avait cherché qu’un moyen pour en finir une fois pour toutes et cesser d’exister complètement. Hélas, elle n’avait réussi qu’à devenir immortelle. Xena s’en occupa néanmoins, mais ne fit que la condamner à l’enfer, décrit ici comme pire que le Tartare. En la rachetant, Xena purifie son âme de toute souffrance ou de haine, et lui offre une vie nouvelle parmi les anges au paradis.

Vous aurez remarqué les mentions d’enfer et de paradis, de manichéisme dans les paragraphes ci-dessus. L’abnégation et le sacrifice altruiste de Xena et la rédemption de l’âme damnée de Callisto n’est pas sans rappeler un certain petit Jésus. Cependant, parce que Xena reste Xena, rongée par son passé et ses pulsions violentes, elle est encore loin d’être une sainte. Plus généralement, malgré la présence des concepts monothéistes, il n’y a pas d’amalgame entre les religions et panthéons. Au contraire, ils coexistent tous les uns aux côtés des autres. C’est certes quelque peu bordélique, mais malgré les libertés prises dans la production, les dieux restent au moins généralement fidèles à leur personnalité : amoraux, égoïstes et susceptibles, humains malgré tout. Là où leur divinité pêche, et où réside l’avenir de l’humanité, c’est dans la voie de l’amour, qui transcende les vies et permet de sauver les âmes les plus noires. Bref, tout ça pour dire que, pour une fois, ça fait du bien de voir ces thématiques suffisamment bien traitées sans nous marteler le cortex.
Pour finir, je laisse la parole au grand et sage Paarthurnax : “What is better - to be born good, or to overcome your evil nature through great effort?”











